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Le Comité de
Lutte contre la Douleur (CLUD)
(Extraits
du Compte de réunion du 6 janvier 2011
Rédaction
: Dr Peyman Bahrami
- Anesthésiste, Réanimateur et Président du CLUD)
1.
La présentation du CLUD
La douleur on la
connaît tous : petite ou grande elle fait partie de notre vie.
Il n’y a pas très
longtemps la douleur était considérée comme un symptôme normal parfois même
qualifiée de précieuse pour le diagnostic et l’évolution de la maladie.
Par sa nature
subjective, dépourvue de marqueurs biologiques, échappant à toute imagerie
conventionnelle, elle a souvent été sous estimée quand bien même
d’importantes avancées scientifiques aient été faites dans le domaine de son
traitement ces dernières années. On considérait que si on devait guérir on
devait accepter la douleur.
Or cette notion n’est plus tolérée. La douleur n'est
pas une fatalité !
L’évolution des
mentalités, les avancées en matière de traitement et l’organisation dans
notre système de santé a donné à la douleur sa juste valeur de
« symptôme d’alarme » toujours inacceptable qu'il faut combattre, au point que les historiens
parlent même de notre époque, comme étant une époque de « lutte contre
le mal ».
La lutte contre la
douleur est devenue au cours de ces dernières années, un droit fondamental de
la personne et une volonté éthique et humaniste.
Une prise de
conscience s'est développée tant
au niveau des usagers que des professionnels : la prise en charge de la
douleur est devenue un enjeu majeur et un axe prioritaire de la santé
publique et constitue l'un des
indicateurs de la politique d'amélioration
de la qualité de soins.
La mise en place de
programmes nationaux d'actions
témoignent de la volonté du Ministère de la Santé et des professionnels, de
mieux maîtriser la prise en charge de la douleur de la personne, à tous les
âges de la vie.
Cette prise en charge
de la douleur bénéficie de mesures législatives et comme le précise l’article
L1110-5 du code de la santé publique : « toute personne a le droit
de recevoir des soins visant à soulager sa douleur. Celle-ci doit être en toute
circonstance prévenue, évaluée, prise en compte et traitée ».
A cet effet il nous
appartient en tant qu’établissement de santé de mettre en place une
organisation – le C.L.U.D. ″Comité de Lutte
Contre la Douleur″, capable de
répondre au mieux aux besoins des personnes hospitalisées quant à la prise en
charge de la douleur.
Les
difficultés et dysfonctionnements existent. Les structures de prise en charge
de la douleur chronique rebelle sont encore mal connues du public et des
médecins libéraux.
L'utilisation d'outils
de référence, notamment d'échelles
de mesure de l’intensité de la douleur reste peu développée.
La
formation pratique des médecins dans le domaine de la douleur est
insuffisante.
Les
médicaments opioïdes sont encore trop souvent réservés aux situations de fin
de vie. Les protocoles de prise en charge de la douleur qui doivent permettre
à l’infirmier, dans certaines conditions, de mettre en œuvre et suivre un
traitement antalgique, sont rarement mis en œuvre et suscitent des craintes
mal fondées.
A partir
de ces constats il nous appartient de définir des modalités de prise en
charge de la douleur selon une méthodologie rigoureuse, d’un programme
réfléchi, une stratégie cohérente dans une démarche institutionnelle faisant
appel à une réflexion pluridisciplinaire et pluriconfessionnelle, avec la
participation des différents acteurs qui prodiguent leurs différentes
spécialités au sein de l’établissement.
Cette
démarche de coopération autours de connaissances partagées et différents
thèmes relatifs à la douleur permet ainsi une mutualisation des compétences,
un langage commun et des attitudes professionnelles cohérentes afin de
structurer et optimiser le traitement et par conséquent, contribuer à
l’amélioration de l’approche et de la prise en charge de la douleur au sein
de notre établissement.
Cette
démarche illustre la nécessaire évolution des pratiques médicales du XXIe
siècle pour mieux répondre à cette exigence légitime de toute personne
malade.
2.
Mise a jour du règlement intérieur du CLUD
Le
règlement intérieur fixe les modalités de composition, d’organisation et de
fonctionnement du Comité de Lutte
Contre la Douleur de notre établissement
en regard des textes législatifs de
référence :
· Guide pour
la mise en place d’un programme de lutte contre la douleur dans les
établissements de santé – Mai 2002
· Guide
d’orientation – Octobre 2002
· Circulaire
DHOS /E2 n° 266 du 30 avril 2002
· Manuel
d’accréditation de l’ANAES – février 1999 : référence OPC5
· Circulaire
DGS/DH/DAS n°99/84 du 11 février 1999
· Circulaire
DGS/DH n°98/586 du 22 septembre 1998
· Circulaire
DGS/DH n°3 du 7 janvier 1994 relative à l’organisation des soins et de la
prise en charge des douleurs chronique.
Il a été rappelé fixant les rythmes
des réunions plénières, les modalités de la constitution et du renouvellement
des membres du comité et le
descriptif global des missions et des
engagements pour l’année 2011.
Un rapport annuel d’activité est
établi par le comité et transmis aux instances de l’établissement.
Le Comité se réunit en séance
plénière au moins trois fois par an ; l’ordre du jour est préparé 15 jours
plus tôt et envoyé 7 jours à l’avance.
Des séances de travail seront
organisées, par petits groupes, autour des projets mis en place, suivant un
programme d’actions.
Le mandat des membres est de quatre
ans renouvelable : le comité est composé de membres de droit
et de membres volontaires. L’appel à
candidature se fait par voie d’affichage au sein de l’établissement.
Les membres du comité de pilotage
s’engagent et ont la mission de s’investir
individuellement et collectivement
dans la mise en oeuvre du programme d’actions d’amélioration défini par le
CLUD.
3.
Constitution du comité de pilotage du CLUD
Le comité pilote constitue l’élément
moteur pour animer l’organisation au sein de l’établissement, en étroite
collaboration avec la cellule qualité.
Il mène une réflexion autour de la
douleur et propose à chacune des instances des objectifs et des actions qui
s’inscrivent dans le projet médical de l’établissement.
Le comité n’intervient pas directement
au niveau des soins à la personne malade, qui relève du service.
Ce comité est associé à la direction
de l’établissement et souhaite être représentatif au mieux du personnel
soignant.
Les membres de droit
sont :
Docteur Peyman BAHRAMI,
Anesthésiste Réanimateur, Président du CLUD,
Valérie THEO, Infirmière, Chirurgie
Docteur Djaffar SATOR, Directeur
Médical
Fabienne Glock,
Ostéopathe
Karine POULET, Infirmière Ffct
Référente, Chirurgie
Geneviève N’DMANGA, Sage-femme, FFct
Référente, Maternité
Armelle LAJAUNIE,
Pharmacien
Laura PERRAIS,
Responsable Assurance Qualité et Gestion des risques
Les membres volontaires
sont :
Docteur Raymond Kamoun, Gynécologue
Obstétricien, Président du C.L.I.N., Président de CME
Anna ARDUINI,
Directrice de la Communication
Susy Dupuy, Sage-femme, Sophrologue
Dominique NOUHAUD, Infirmière,
Maternité
Stéphanie .GASPARD, Auxiliaire
Puéricultrice, Maternité
Patricia LOPEZ, Infirmière, Bloc
Opératoire
Claire DUHAMEL, Sage-femme, Bloc
Obstétrical
Patrick BOTTE, Infirmier Libéral
4. La
dimension médicale psychologique et sociale de la douleur
Optimiser la prise en charge de la
douleur nécessite réflexion et compréhension de cette notion extrêmement
complexe qui est la dimension globale de la douleur.
Elle
sera développé au fur et a mesure du travail au sein du CLUD et dans les
thèmes de la formation pédagogique.
5.
L’aspect pédagogique, pour formation et information.
Nous souhaitons nous engager dans
l’immédiat et à l’avenir à développer davantage une formation pédagogique
afin de s’adapter à une pratique
qui change et ainsi améliorer
notre approche de la douleur au sein de l’établissement.
A - Comprendre et savoir définir la douleur dans
toutes ses dimensions est une notion complexe.
Selon la définition de
« l’ International Association for the Study of Pain »;
"la douleur" est une expérience sensorielle et émotionnelle
désagréable liée à des lésions tissulaires réelles ou potentielles ou
décrites comme telles.
C’est une notion complexe qui peut
prêter à confusion avec la notion de "souffrance" - deux réalités
synonymes et interchangeables.
Là où on fait l’expérience des choses
‘’ j’ai mal ‘’ - le domaine de l’avoir - n’est pas la même chose que là
où on fait l’épreuve des choses ‘’ je suis mal ‘’ – le domaine de
l’être .
La
dimension sensorielle
La
dimension sensorielle correspond à la dimension sensitivo-discriminative, ce
qui va de la genèse de la douleur, de son mécanisme et de son décodage au
niveau cérébral.
C’est le
circuit de la douleur sous forme de câblage au sein d’un schéma neurologique.
C’est les
fameuses voies neurophysiologiques et « impénétrables » de la douleur. Elle prend en
compte le caractère physicochimique et somatique de la douleur.
La dimension
affectivo-émotionnelle
C’est
l’ensemble des processus mentaux capable d’influencer la perception et le
ressenti de la douleur, tels l’attention, l’anticipation, la mémorisation,
l’interprétation, l’émotion.
La dimension
philosophico-socio-religieuse
Chaque
individu est porteur d’une certaine culture avec sa propre conception de la
douleur.
A nous de
le décrypter en faisant attention de ne pas y projeter notre propre
conception du monde.
B - Identifier la douleur
C’est à travers un entretien et un
abord centré sur une « analyse sémiologique » que la douleur
peut être identifiée.
C - Evaluer
l’intensité de la douleur
La douleur
peut varier d’un simple gène jusqu’à la déchirure de soi.
La douleur
est un phénomène subjectif qu’aucune mesure objective ne peut quantifier.
Comme le
patient est mieux à même que tout autre d’exprimer la douleur qu’il ressent,
l’autoévaluation est la méthode de choix d’évaluation de la douleur.
Ces outils
d’évaluation sont de bons instruments de communication mais ont leurs limites
et ils ne remplacent pas l’observation qui reste le meilleur moyen
d’évaluation.
Evaluer la
douleur c’est avant tout écouter, entendre, croire et comprendre le malade
qui reste quand même le meilleur expert de sa douleur.
D - Les
grandes lignes de Stratégies thérapeutiques
Humaine :
Il est évident que l’anesthésiste est
a même, comme premier acteur, à prendre en charge la douleur du patient mais
il ne teste pas l’acteur exclusif.
La prise en charge relève
effectivement de la participation de tous les soignants qui prodiguent
leurs différentes spécialités au sein de l’établissement : médecins,
thérapeutes, infirmiers, soignants
Pharmaceutique :
Elle nécessite la collaboration
étroite avec Madame Armelle
LAJAUNIE : Pharmacien.
La connaissance et le bon usage des
médicaments : la chronobiologie, la pharmacocinétique et la
pharmacodynamique des médicaments
1- Choix et
référencement des médicaments dans le livret thérapeutique.
2- Quelle place
pour les différents niveaux d’antalgique ?
. Manipulation et administration des
antalgiques
. L’analyse et la conduite à tenir
vis-à-vis des effets indésirables
. Les interactions médicamenteuses.
3- L’intérêt des infiltrations
et la place des anesthésies locorégionales.
Non médicamenteuse :
L’établissement souhaite élargir la
collaboration des médecines douces et donner une possibilité aux patients de
soulager sa douleur.
La place de l’ostéopathie
La place de la relaxation
La place de la kinésithérapie
La place de l’accueil
La place de la ré-education
La place de la psychothérapie
La place de l’accompagnement.
6. Les projets et actions à mener sur un calendrier
de 2 ans
Les projets et les actions choisis
seront portés sur un calendrier transmis ultérieurement.
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